
Le lion, Panthera leo, est l'un des plus grands prédateurs terrestres. Corps musclé, tête imposante, membres robustes : il incarne la puissance à l'état sauvage. Il est aussi le seul grand félin réellement social.
Les mâles portent une crinière, dont la couleur et la densité varient fortement d'un individu à l'autre. Elle joue un rôle dans les combats et dans la sélection sexuelle : les travaux de terrain montrent que les femelles s'intéressent davantage aux mâles à crinière sombre et fournie, indicateur de condition physique et de niveau hormonal.
Les femelles, plus légères et plus rapides, sont les chasseuses les plus efficaces du groupe.
Le pelage sable assure un camouflage remarquable dans les herbes hautes des savanes.
Les griffes sont rétractiles, et la mâchoire est adaptée à la préhension plutôt qu'au broyage : la mise à mort s'opère le plus souvent par étranglement.
La vision nocturne est excellente, grâce au tapetum lucidum, couche réfléchissante située derrière la rétine, qui renvoie la lumière et donne aux yeux leur éclat dans le faisceau d'une lampe.
L'ouïe est très développée : les pavillons mobiles permettent de localiser précisément un bruit.
L'odorat sert surtout à la communication territoriale, par marquage.
Les lions vivent en groupes stables, appelés troupes ou fiertés. Ces groupes sont matrilinéaires : le noyau est constitué de femelles apparentées, qui restent ensemble toute leur vie.
Les mâles arrivent de l'extérieur, souvent en coalition de deux à quatre frères ou associés. Ils défendent le territoire et le groupe, et leur règne dure généralement de deux à quatre ans, jusqu'à ce qu'une autre coalition les évince.
Les jeunes mâles sont expulsés à l'adolescence et connaissent une période d'errance à haut risque, qui explique une mortalité juvénile élevée.
Elle est majoritairement collective et menée par les femelles, souvent au crépuscule et à l'aube.
La technique repose sur l'approche discrète et sur l'encerclement : certaines lionnes rabattent les proies vers d'autres, embusquées. Le taux de réussite reste modeste, de l'ordre du quart à un tiers des tentatives.
Les proies sont principalement des ongulés de taille moyenne à grande : gnous, zèbres, buffles, antilopes.
Les lions charognent également : une part notable de leur alimentation provient de carcasses disputées à d'autres prédateurs, notamment aux hyènes, avec lesquelles la compétition est permanente et va dans les deux sens.
Le rugissement, audible à plusieurs kilomètres, sert à signaler la position, à revendiquer un territoire et à maintenir le contact au sein du groupe.
S'y ajoutent des grognements, des feulements, des frottements de tête — comportement d'apaisement et de cohésion — et un langage postural très codifié.
Le lion occupait autrefois l'Afrique, le Proche-Orient et une partie de l'Asie. Il ne subsiste aujourd'hui qu'en Afrique subsaharienne, sur une fraction réduite de son aire historique, et dans une unique population asiatique, la sous-espèce du Gir, dans l'État indien du Gujarat.
L'espèce est classée vulnérable sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, et plusieurs populations régionales sont en danger.
Les causes principales sont la perte et la fragmentation de l'habitat, la raréfaction des proies sauvages, les conflits avec l'élevage — les lions tuant du bétail sont abattus ou empoisonnés — et le braconnage.
Les programmes de conservation qui donnent des résultats associent généralement trois volets : indemnisation ou prévention des pertes de bétail, implication économique des communautés riveraines, et gestion des corridors entre populations isolées.